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21 Octobre

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Récit de course A deux mains et quatre pieds : Le relais sur la route du temps

Catégorie : Récits

Récit de course A deux mains et quatre pieds : Le relais sur la route du temps

L’association Athl ‘Etique proposait 6 compétitions ce we du 8 et 9 octobre 2016. Sébastien qui a renforcé l’équipe des contributeurs du challenge cette année, s’était adjoint d’un coéquipier pour participer à l’épreuve de 45 km « La Route des Temps ». Et c’est aussi à 2, qu’ils nous racontent leurs relais.

Alain, 2ème relayeur :

Nous imaginions le passage de relais comme un passage de témoin sur une piste d’athlétisme. C’est-à-dire un dossard unique pour l’équipe, histoire de matérialiser le passage pour ramener le dossard unique qui aurait parcouru les 45 km.
Dans la réalité il en est tout autre, chacun avait son dossard : 10-A pour Sébastien et 10-B pour ma part. Au moment du relais, le deuxième relayeur avait juste à partir pendant que le premier faisait pointer son heure de passage. Qu’importe le système, nous avons beaucoup aimé prendre part à cette aventure en duo. Donc merci à l’organisation pour avoir permis une course en relais !
Après avoir encouragé mon équipier au départ de la course, une amie m’amène au point de relais qui se situe aux Dourbes. Ahhh… la joie d’encourager tous les coureurs et coureuses dans un froid de canard (5°C au bas mot) ! En effet, je n’ai pas pour habitude d’être celui qui encourage et qui applaudit pendant une course, les mains s’en souviennent ! Grelottant sous d’épais nuages, je prends conscience de ce qu’est d’être observateur d’une course, d’avoir un autre regard que celui du compétiteur. Et puis, au moins je peux voir les élites de face pour une fois !
Le temps passe, au contraire des nuages, et après un premier passage de Sébastien au ravitaillement, le parcours décrivant une boucle, le revoilà enfin revenir pour finir sa course et moi commencer la mienne. Il était temps, je trépignais d’impatience, j’avais des fourmis dans les mollets. Après s’être tapé dans les mains, c’est enfin à moi je pars à fond la caisse.
Libérééééé, délivréééé, c’est décidé je m’en vais ! Oui je m’en vais en direction des marnes pour commencer, quel plaisir ce revêtement ça commence bien. Je me sens pousser des ailes alors je file comme le vent, je sais que j’ai des petites montagnes russes à parcourir jusqu’au ravitaillement. Je bombarde dans les plats et la descente. Je rattrape facilement les coureurs du 33km ainsi que les coureurs du 44kms, c’est super motivant de fondre sur les coureurs sans cesse. Bien sûr je sais au plus profond de moi-même que j’ai une grande fraîcheur car ils ont respectivement 10 et 20 km dans les pattes de plus que moi. Je souris à chaque dépassement. Une dernière bosse conséquente où je marche mais à vive allure et me voici au ravito. Je ne m’y éternise pas, contrairement aux coureurs solo je n’ai guère à recharger les batteries. Un verre d’eau, 3 solides et je trace mon chemin. Direction le Cousson !
Je reconnais que trop bien cette partie de course. En temps normal j’aurais ralenti et monté doucement, pour gérer une fatigue. Mais cette fois je cours pour l’équipe, au diable la gestion de l’effort ! Alors je me mets à monter en marche rapide, je double encore et toujours. Je suis un peu fatigué mais encore pas mal frais. Environ deux heures pour atteindre le sommet du Cousson. Les jambes vont bien et le mental survolté.
Va pour la descente, un début raide et casse-patte puis cela devient tantôt roulant tantôt un peu plus raide et technique. J’ai toujours des ailes, alors je file pensant à l’équipe. Je dévale comme un dératé, la plupart des coureurs me sentent arriver en trombe me laisse le chemin libre. Une poignée de kilomètres me séparent de l’arche d’arrivée alors il ne faut pas trembler et être suffisamment relâché pour bombarder.
Moins d’un kilomètre à parcourir et j’en rattrape de plus en plus, certains sont trop fatigués pour descendre à vive allure pendant que d’autres crampent en fin de course. Ma crampe arrivera petit à petit puis un peu plus vivement lors d’une forte accélération mais j’ignore la gêne. J’ai en point de mire un lot de coureurs que je compte bien reprendre. Au bout du compte je les reprends. Il ne reste plus que 3 coureurs entre la ligne d’arrivée et moi.
Je passe la vitesse supérieure et c’est le sprint final, moins de 100m à parcourir. Je fonds sur eux, pendant que mon équipier me rejoint sur la ligne droite, je ne lui jette aucun regard, je sais qu’il est là à mes côtés pour finir ensemble cette course. Sa présence me booste et je sprinte encore plus fort jusqu’au troisième coureur. Je suis tombé sur un costaud qui ne se laisse pas faire, arrivé à sa hauteur il sprinte à son tour et me dépose.
Je finis quelques secondes derrière lui, satisfait, à bout de souffle mais satisfait. Je tape dans la main de ce coureur pour le féliciter et rejoint mes amis.
Place à la récupération avec le ravitaillement d’arrivée et le verre de bière apprécié. Avant de partir je passe une dizaine de minutes dans un bain à 13°C suivi d’une séance d’ostéopathie afin de récupérer tranquillement.
Merci à tous pour cet évènement qui a été une réussite encore une fois.

Seb, 1er relayeur :

Et je confirme ce qu’a bien dit Alain, que l’attente est longue ! que de scénarios à échafauder pour essayer de deviner l’état d’esprit de son coéquipier, sa vitesse notre temps…
Mais partir premier est sûrement plus facile : pas d’attente au froid et du repos bien avant les autres.
Au top départ, j’ai essayé de me placer parmi des coureurs rapides qui me serviraient de lièvre. Connaissant le parcours des années précédentes, je savais que la première partie jusqu’au ravitaillement est très roulante avec seulement quelques bosses très gérables. Mais déjà du beau spectacle, des marnes, des passages rocailleux, du sous-bois… C’est simplement beau.
J’arrive au ravitaillement qui sera aussi lors de mon retour le lieu de passation du relais. Je suis bien en forme et j’apprends que j’ai été un peu plus rapide que prévu. Impossible de me restaurer et de discuter avec les organisateurs : mon coéquipier et ma femme me pressent de reprendre la route ! Sous la pression de la Team je m’exécute, après tout, je reviens dans pas trop longtemps.
Une petite portion de route en montée nous conduit jusqu’au point de départ du véritable sentier menant à la crête des Dourbes. Je ramasse un bâton et tel Gandalf, je gravis le versant en passant les étages de végétations : la chênaie puis la hêtraie et enfin les pelouses sommitales. J’ai du mal à reprendre la course dès le sommet, je bois un coup et passe une butte avant de pouvoir enfin courir. Cela semble être aussi le cas de mes poursuivants à moins qu’ils ne savourent tout simplement la vue magnifique quelque soit l’endroit où se pose le regard.
La rocaille, j’adore ça, faire bondir les pieds d’une roche à l’autre, c’est le sol qui donne la foulée et non plus le corps. Rapidement cependant nous quittons la crête pour une longue descente, très rapide et peu technique qui permet de récupérer du temps perdu à la montée. Je cours avec 2 ou 3 coureurs et nous allons vraiment vite. Pour ma part, je sais que ma course s’arrêtera avec ces derniers kilomètres de descente mais pour les autres, quelle énergie !
Vient ensuite quelques virages en épingle et une accentuation de la pente, un coureur décroche et nous continuons de plus belle !
A presque 2 kilomètres de l’arrivée, voici que nous sommes en faux plat, moi qui me croyait arrivé, le fait de passer la main d’ici quelques minutes me permet de prendre sur moi. Je l’annonce à mon poursuivant qui décide alors de lâcher prise : nous n’étions pas sur la même course…
Nous revenons au ravitaillement rapidement par la route, j’aperçois de loin ma femme puis mon coéquipier, j’accélère pour la Team…
300, 200, 100, quelques mètres… je l’appelle au cas où il soit en pleine discussion mais non, il me tend les deux mains, je tends les miennes, ça claque et il n’est déjà plus là.
Le voici parti sur la route du temps à fond la caisse dans une série de petites montagnes russes avant d’attaquer la montée du Cousson.
Mais ça, vous le savez déjà…

essai-copier

 

Rappel des podiums :

Résultats au scratch

1er ex æquo Emilien SCHIAVO – INTERSPORT DIGNE LES BAINS et Mickael GASC – CAP GARONNE / RUNNING CONSEIL OLLIOULES en 4h 24min 52s.
3ème Fabrice ARNAUD – LFA TRETS en 4h 38min 15s.

Concernant les féminines

 

1er Isabelle CHENAL en 5h 36min 46s
2ème Laurie ATZENI d’ENDURANCE SHOP 13 en 5h 46min 22s.
3ème Sophie DUPARCHY de la TEAM ALTRA/CERAMIQ en 5h 52min 46s
Et pour les relais :

1er équipe homme Eric RICHARD  / Guillaume CHARLES du NAUTIC CLUB BRIANCONNAIS M RH en 4h 27 min 15s

1er équipe féminine Françoise POITEVIN  / Elisabeth CASTELLI en 6h 27min 10s

1er équipe mixte et 2ème au scratch Fabrice TAFIN / Nathalie RALLET de l’ASPTT DIGNE LES BAINS en 4h 57min 46s

 

Team Alain, Agnès & Seb

Photo AKUNAMATATA, Agnès

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