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Florence Houette : la sirène devenue gazelle

Catégorie : ITW

Florence Houette : la sirène devenue gazelle

Interview réalisé par Sophie Boissont

Florence Houette glane une nouvelle médaille d’or sur le challenge des trails courts. Déjà tenante du titre en 2013 et vice-championne en 2014, son parcours dans la discipline est pourtant récent. Mais avant d’explorer les sentiers, Florence a éprouvé les bassins… 

Originaire de Manosque, Florence a 37 ans et vit au Puy-Sainte-Réparade avec Alice et Hermine, ses deux filles de 6 et 8 ans et son mari Adrien. Ingénieur de recherche à Cadarache, le sport a toujours occupé une place prépondérante dans sa vie, dès son plus jeune âge.

TCP : Florence, tu as côtoyé le sport à haut niveau. Comment cela a-t-il commencé ?
FH : « Pour canaliser mon énergie débordante et retrouver un peu de calme à la maison, mes parents m’ont inscrite à la natation dès l’âge de 7 ans. Et j’ai accroché pendant 16 ans. J’ai quitté le cocon familial à 15 ans pour intégrer le CREPS de Toulouse en sport-études où j’avalais 3 entraînements par jour et 80 kilomètres par semaine. J’ai évolué en championnat de France, ma spécialité étant le 200m brasse (ndlr : avec un chrono de 2’39 !). Cette adolescence atypique, faite de sacrifices, d’efforts, de déceptions et de profondes satisfactions, a convenu à ma personnalité. C’est dans ce contexte que j’ai grandi et que mon caractère s’est en partie forgé. Mais pour construire ma vie d’adulte, je devais tourner la page, bien que cela fut difficile. »

CTP : Quand as-tu goûté au trail ?
FH : « La fin de carrière de la plupart des nageurs s’accompagne d’un dégoût des bassins, des longueurs et de l’atmosphère confinée et chlorée. Imaginez mon enchantement quand des collègues m’ont fait découvrir les espaces naturels au grand air de notre région ! Mon premier trail en 2011 fut un coup de cœur. L’effort physique dans un cadre magnifique, entourée de coureurs et bénévoles généreux et accueillants. Chaque course est un plaisir, chaque sentier une joie immense, chaque marque d’affection un baume au cœur. Mes souvenirs ne sont pas liés à mon classement mais aux moments d’entraide. L’esprit du trail est beau et de grands athlètes tels que Guillaume Lenormand ou Andy Symonds véhiculent cette image par leur générosité et leur simplicité. »

CTP : Comment choisis-tu tes courses ?
FH : Je me limite aux trails courts du challenge qui sont tous de qualité, tant en termes d’organisation que de tracé. Et je remercie Philippe Exposito de les sélectionner avec attention. Le trail d’Andy Symonds par exemple m’a laissé un souvenir incroyable. Les sites magnifiques dévoilent la beauté de notre région que je ne connaissais pas bien. Et puis, ces courses sont proches et ne me tiennent pas éloignée de ma famille longtemps. J’ai besoin d’être auprès de mes filles et de partager des moments avec elles. »

CTP : As-tu abandonné le chrono et les fractionnés ?
FH : « Absolument. J’ai assez donné pendant mon adolescence ! En semaine, entre midi et deux, je m’entraîne 1h en colline selon ma forme et mon humeur. Le week-end je fais deux sorties plus longues dans le Luberon ou les massifs de Venelles/Meyrargues. Pour soulager mes articulations, je troque parfois les baskets pour monter sur le vélo (route, VTT, voire vélo d’appartement !). Je cours aux sensations, au plaisir. Si j’aime l’effort et le dépassement de soi, je recherche surtout le contact avec la nature. Un ami m’a appris à me munir d’une carte IGN et fouiner pour dénicher les amorces de sentiers. Pas de montre GPS, pas d’objectif kilométrique, juste capter un rayon du soleil qui perce à travers les arbres ou saisir les couleurs d’une fin de journée. La course est mon équilibre et à la maison tout le monde le sait : quand je suis stressée, impatiente, désagréable, mes filles ou mon mari me tendent mes baskets ! »

CTP : Justement ta famille a t-elle autant la bougeotte ?
FH : « Adrien aime le sport sans que cela soit une passion. Mais il comprend mon besoin et il est heureux de venir avec les filles me voir courir. J’ai transmis à Alice et Hermine mon amour pour le sport. Si les musées et les opéras leur parlent peu, elles savent déjà décrypter une carte IGN et sillonner les collines. Ma fierté est de les avoir initiées à la beauté d’un paysage. »

CTP : Quels sont tes projets sportifs ?
FH : « Je n’ai plus de rêves sportifs comme j’ai pu en avoir en natation, en intégrant l’équipe de France junior ou en nageant avec de grands champions. Les étapes avaient été franchies par contraintes et sacrifices. Aujourd’hui j’aspire à une grande liberté dans ma pratique. Si le sport est indispensable à mon bien-être, je n’ai ni objectif, ni pression. J’admire les paysages, ressens le vent ou la pluie sur mon visage, et je tiraille mes cuissots pour aller au bout de moi-même sans regarder le chrono. D’ailleurs, j’apprécie qu’il n’y ait pas de temps de référence sur un parcours contrairement à un marathon. Chaque trail, à chacune de ses éditions, est unique. »

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