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05 Décembre

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Aurélien Trail – Le récit de Seb

Catégorie : Récits

Aurélien Trail – Le récit de Seb

Texte Sébastien DELLA CASA – Photos Akuna(2015)

L’Aurélien Trail en version 28km

28km, c’est une belle distance ; 1100m de dénivelé annoncé, c’est physique ; un terrain technique et engagé, c’est sportif. Départ de l’Aurélien Trail à Saint Maximin, 3ème tombeau de chrétienté. Autant l’avouer tout de suite, moi aussi j’étais mort déjà à mi-course et je ne crois pas avoir été le seul dans ce cas…

Tout à pourtant bien commencé, accueilli la veille par un collègue j’ai pu me lever tranquillement et venir à pieds retirer mon dossard. Ambiance chaleureuse en totale opposition avec la météo froide et venteuse du début de matinée. Des marques présentent leurs produits, les bénévoles fourmillent et les traileurs s’échauffent ou discutent autours d’un thé. J’assiste au départ du 45km en criant quelques encouragements et aussi avec une certaine envie. Je retrouve ensuite quelques amis avec qui j’échange des points de vue sur mes choix vestimentaires réduits : short et pull. J’étais frigorifié mais lors de la course je n’ai pas regretté ayant même parfois chaud.

Retenti ensuite AC/DC et son légendaire Highway to hell bien que peu de bitume nous attendait sur le parcours. La prochaine fois, je proposerai plutôt un « Running free » d’un autre groupe tout aussi célèbre. Le départ est donné et heureusement que les premiers kilomètres sont sur routes et pistes car j’ai eu l’impression de courir au sein d’un troupeau de bisons. Peloton compact et difficile de se positionner à son propre rythme.
Quand arrive la première montée nous sommes en file indienne. Une caractéristique de ce parcours est que les montées sont de plus en plus raides jusqu’au sommet, du moins c’est l’impression que j’en ai eu. Heureusement le tracé propose de très nombreuses zones de relance permettant de se remettre en jambes, c’est par exemple le cas de la montée assez douce jusqu’à la deuxième grosse bosse qui n’est qu’au 10ème kilomètres.
Je n’ai pas de souvenir précis concernant la position des ravitaillements sur la course, le premier je l’ai survolé en plaisantant (enfin, j’ai fais ce que j’ai pu) avec les bénévoles qui étaient à fond dans l’ambiance. Le deuxième je me suis fais simplement porter par leur encouragements, étant alors en pleine fatigue. Il en fallait du courage pour attendre en plein vent en calant les gobelets, merci à vous de la part de tous les coureurs.
Puis, une longue descente, et là je crois qu’une petite explication s’impose. Personnellement, je m’y suis régalé et c’est mon meilleur souvenir. Une longue descente technique en versant puis en fond de vallon, boisé de chênes verts filtrant la lumière avec parcimonie et dont le sol est formé d’un mélange de feuilles, d’humus et de petits blocs rocheux totalement instables. Si l’on regardait trop le sol, il y avait un risque de se prendre un arbre et regarder devant soi c’était se retrouver avec une cheville enflée à coup sûr. A l’arrivée, beaucoup de coureurs avaient chutés, mais pas forcément sur cette section tant l’ensemble du parcours était engagé.

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La troisième grosse montée ne m’a pas semblé si difficile que ça, cependant, au sommet, impossible de retrouver mes jambes. Je m’étais pourtant bien hydraté depuis le début de la course pour contrecarrer les effets du vent plus ou moins fort selon les versants. Je décide donc de prendre un petit gel énergétique acheté au hasard 3 jours avant (résultat : boaf, j’en ai connu des mieux…), je grignote des petites céréales (oui, un peu par gourmandise), je bois et je m’attendais réellement à avoir des jambes neuves. Hélas, rien ne se passe mais le mental est quand même au beau fixe. Une collègue me double et tant qu’à faire je décide de la suivre dans la longue descente menant jusqu’à l’arrivée : près de 10km !
Bon, ce fut une erreur. Si je l’ai suivi un kilomètre ce fut le maximum mais en plus, j’ai eu comme l’impression d’avoir bousillé les nouvelles réserves de mes jambes toutes neuves. Je n’avais acheté qu’un seul gel et de toute façon, je ne crois pas qu’avaler un gel à chaque kilomètre m’aurait permis de bien mieux avancer par la suite.
A partir de là, pour moi ce fut un peu la galère : je ne pouvais pas aller à mon rythme en descente à cause de mes jambes douloureuses, je ne pouvais pas avancer comme il faut sur le plat à cause de la fatigue et je marchais dans chaque montée de plus d’un mètre de dénivelé… Et pour couronner le tout, des concurrents me doublaient piétinant mon ego et me faisant tomber dans les tréfonds du classement. J’exagère un peu mais pas trop.
Cette section qui fait environ le tiers du parcours a été pour moi difficile, je mets ça aussi sur le coup d’une fatigue accumulée en semaine. Pour info, la collègue que j’ai tentée de suivre arrivera 10min avant moi. Je prends mon mal en patience en essayant de tenir un rythme minimal pour un coureur qui se dit traileur.

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Ouf, enfin le bitume synonyme d’arrivée imminente, même les encouragements ne me permettront pas de conserver la tête devant deux de mes poursuivants. Je passe quand même la ligne d’arrivée content car le moral n’était pas en berne même au plus mal : il y a des jours comme ça…
A l’accueil, je découvre avec plaisir des pizzas à l’anchois ! Je m’étire, apprécie la bonne paella (très bon choix !) et discute avec quelques coureurs : trail difficile, fatigant, des chutes, des égratignures : brefs, que des bons souvenirs. Dommage que je n’ai pu échanger quelques mots avec les leaders : comment ont-ils pu aussi facilement survoler cette course ?

Le podium masculin et scratch :
1er Julien Navarro en 2h15’49’’ pour l’association Grégory Lemarchal contre la mucoviscidose.
2ème Mickaël Gasc en 2h25’27’’ Running conseil.
3ème Nicolas Ligier en 2h29’31’’ Trail Club de Provence.

Le podium féminin :
1ère Sabine Ehrstrem en 2h57’29’’ X-Bionic
2ème Audrey Bassac en 2h58’06’’ non-licenciée
3ème Mylène Griffit en 3h09’02’’ CA Veynes

On se revoit à Mimet (Bouches-Du-Rhône) le 15 mai pour un trail long et le 22 mai pour le trail court du Grand Luberon, les deux comptant pour le Challenge des Trails de Provence.
Et d’ici là, bonnes foulées à tous.

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