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31 Janvier

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Marc Penniello : du sel dans les veines et de la poussière sur les baskets

Catégorie : ITW

Marc Penniello : du sel dans les veines et de la poussière sur les baskets

Propos recueillis par Sophie Boissont – Photos : Marina Nguyen et THP Winter

Cette année, sur le circuit des trails longs, un homme a tracé sa route comme on trace un sillage en Méditerranée. Son nom : Marc Penniello. Son CV : marin pêcheur, 48 ans, un cœur partagé entre les Pyrénées orientales et les Bouches-du-Rhône, et un enthousiasme pour le sport qui irradie comme un phare. On l’a attrapé entre deux sorties en mer (et trois sorties longues) pour en savoir plus.

Marc, qui es-tu quand tu n’es pas en train de courir ou de hisser des filets ?

Je suis marin pêcheur, originaire de Collioure, expatrié à Marseille depuis 2019. J’ai 48 ans et, globalement, je suis souvent dehors, je navigue entre chenal et sentiers…

Tu viens du triathlon. Comment t’es-tu retrouvé à galoper dans les collines ?

En 1994, j’ai commencé le triathlon avec Didier, l’agent municipal du village. Le gars m’a mis le pied à l’étrier… et je me suis mis à battre l’asphalte mais aussi les chemins de terre. À l’époque, on parlait de courses de montagne, pas encore de “trail”, mais l’esprit y était. Puis en 2005, mes saisons de pêche ont commencé à s’aligner pile sur celles du triathlon… Résultat : j’ai changé de discipline. Et je suis tombé dans le trail comme dans un filet bien tendu.

Mais que fais-tu pour souffler ?

Souffler ? Euh… J’ai littéralement de l’eau salée dans les veines. Et quand je ne pêche pas, y compris la nuit et bien je cours. Et quand je ne cours pas… Je profite d’une activité culturelle, comme le théâtre, et je contemple les couchers de soleil !

Ton métier est physique et imprévisible. Comment fais-tu pour t’entraîner ?

Mon année est découpée comme un calendrier de l’Avent sportif : de mai à juillet, c’est la grosse saison et d’octobre à février, c’est la très grosse saison. Entre les deux, j’abats un maximum d’entraînement. Pendant la pêche, je dors peu, je finis tard (ou tôt ?), je porte lourd, je pousse, je tire… bref : je pratique le crossfit grandeur nature. Le trail, à côté, c’est presque du repos.

Tu as performé sur plusieurs formats. Où vas-tu t’amuser le plus ?

En 2024, j’ai joué sur deux tableaux… et j’ai fini au pied du podium sur les deux challenges. Cette année, j’ai décidé d’être plus raisonnable et de régler un vieux compte avec le circuit long.
Mission accomplie 😁

Côté entraînement, tu es méthodique ou freestyle ?

Je bosse sur tous les fronts du navire, de bâbord à tribord, en passant par la proue et la poupe : vitesse, renfo, sorties longues… Mentalement, mon secret est simple : le bonheur d’être dehors. Pas de routine miracle, pas de mantras… juste l’envie de prendre l’air (et la poussière). Mon tableau Excel, c’est ma tête. Je sais ce que j’ai à faire, comment je fonctionne, ce que je peux encaisser. C’est du feeling organisé. Et ça marche.

Le plus dur cette saison ?

Les dernières courses, sans hésiter. Parce qu’enchaîner un 45 km sans avoir dormi, après une nuit de boulot… comment dire… Ton corps te rappelle soudainement ton âge.
(ndlr : on me dit dans l’oreillette que ça s’appelle “vieillir”. Mais moi non plus je suis pas fan.)

Comment as-tu vécu ta victoire sur le Challenge ?

Sans fanfare, mais avec une réelle satisfaction personnelle. Le Challenge, c’est un jeu : on suit les courses, même celles où l’on n’est pas. On se chambre, on se motive. Et cette année, ça m’a permis de nouer une belle amitié avec Aurélien Knipping. Au début, on ne se connaissait pas et on se tirait la bourre à distance… Maintenant, c’est un mec que je respecte énormément.

Les prochains objectifs ?

Simple : je repars sur les courses du Challenge. La Galinette, la Sainte-Baume – les courts, les France de trail long au Ventoux, le 60 de la Sainte-Victoire, et le long de Mimet.
Le menu est copieux. Parfait.

Le conseil du marin-traileur ?

La progressivité. On n’est pas plus quelqu’un parce qu’on fait un 200 km plutôt qu’un 20. Travaillez tous les aspects (pas que les sorties longues-faites-au-talent), et surtout : gardez le plaisir comme boussole !

Un grand bravo à toi Marc et bonne chance pour 2026 !

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