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25 Novembre

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Ubaye Trail Salomon : une promenade de santé de 42 km

Catégorie : Non classé

Ubaye Trail Salomon : une promenade de santé de 42 km

Récit de Julien Hirth – Photos : Ubaye Trail Salomon, Julien Hirth

Ce n’est pas moi qui le dit c’est affiché tous les 200 mètres sur le premier kilomètre du parcours. Mais je m’avance un peu, reprenons depuis le début.

Dimanche 6 août avait lieu à Barcelonnette, l’Ubaye Trail Salomon dont le 23 km et le 42 km font partie du Challenge des Trails de Provence et le 42km du Challenge Salomon Over the Mountain. Fidèle à ma préparation de style minimaliste, je me pointe 10 minutes avant le briefing du 42 pour récupérer mon dossard et le porte dossard offerts par l’organisation et me diriger d’un pas plus ou moins décidé vers la ligne de départ. Je fais une confiance aveugle à Eric. R pour me guider car je n’ai absolument aucune idée d’où je suis et où il faut que j’aille… Minimaliste la préparation.

7h50, le briefing de la course par Aimé Arnaud président de l’ACBU. Je m’attendais à avoir un peu d’informations concernant le parcours, la météo, l’usage des bâtons, les ravitos… Mais à part le classement en cours du Challenge Salomon pas vraiment d’infos utiles au coureur lambda. Bref après une analyse systématique de l’équipement des autres coureurs, ce sera finalement sans bâtons, et puis je suis venu pour découvrir le parcours et me faire une belle ballade, alors on verra bien. A 8h, Kamel donne le départ. Tout de suite, je me force à respecter la règle n°1 et à ne pas partir trop vite. Car avec un départ en ville et une zone d’étirements d’au moins 6 kilomètres, les jambes ont tendance à croire que : Youpi c’est la fête ! D’ailleurs comme anticipé, ça part fort le long de l’Ubaye et à travers le golf qui rejoint la route d’Uvernet. Justement c’est sur ce chemin que les pancartes « promenade de santé » annoncent avec un certain humour ce qui nous attend. Je pars donc tranquillement profitant des encouragements du public nombreux et de la fraîcheur de ce petit matin d’été, où après une semaine de canicule les nuages semblent s’être décidés, juste aujourd’hui, à déverser leur trop plein d’humidité sur la tête de pauvres coureurs n’ayant rien demandé à personne.

Les premières foulées associées à la présence d’une forêt clairsemée provoquent un phénomène bizarre chez le coureur : l’impérieuse nécessité d’une pause pipi.
Ça doit être du même ordre neurologique que le doigt dans l’eau pendant le sommeil ou le son d’une cascade. Mystère des connexions cerveau – vessie.
Toujours est-il que ce pauvre petit bout de forêt prend rapidement des allures de Bois de Boulogne un soir de printemps. Passée cette entrée en matière plutôt légère, un petit raidillon étire les coureurs et permet de rejoindre un magnifique single en sous-bois alternant montées, descentes et portions roulantes très agréables. Je mets un peu de temps à me mettre dans le rythme étant donné mon manque d’entraînement. Heureusement la beauté de ces premiers kilomètres compense largement mes pieds et mes tendons un peu rouillés. Comme prévu par la météo la veille, quelques gouttes commencent à s’inviter. Et parce que dans préparation minimaliste il y a quand même le fait de regarder la météo, j’ai eu la bonne idée d’acheter une veste de pluie avant de partir. Et de la prendre pour la course… Traumatisé par mon souvenir du Trail des Calanques où j’ai fini rincé comme une poule, je vais revêtir mon habit de lumière à la première goutte. En même temps un coup d’œil au ciel me conforte en me disant que j’investis sur l’avenir. Vu la tournure que ça prend, le soleil n’a pas l’air prêt de se pointer avant un petit moment.

C’est donc en orange fluo et au chaud que j’apprécie toute cette première partie le long de la combe de la Touré, jusqu’au ravito de Villars d’Abas. Ce sentier en balcon est vraiment superbe, une belle ambiance de moyenne montagne, une vue magnifique, un chemin roulant épousant le relief, bref un vrai plaisir.
Après la chaleur des jours précédents, la pluie fait ressortir toutes les nuances d’odeur du sous-bois, des arbres et de la pierre, au point que ce mélange mystérieux parvient à créer sur la langue le goût de la montagne. On entendra certains dirent qu’ils se nourrissent de la montagne. Peut-être y a-t-il dans ces mots imagés, une part plus vraie que ce que l’on pense… Je remplis les flasques au ravito et repars sur un bout de route, direction la montée vers le col de la Cloche. Une pause pipi (je n’ai pas pu résister à l’effet neurologique de la pluie qui tombe sur la capuche) et c’est l’attaque assez raide de la montée vers le col : 600 mètres de dénivelé qui, s’ils sont raides comme le départ risquent de faire un peu de dégâts à mes cuisses. Les ouvreurs de sentier devant sûrement aussi en avoir marre au bout d’un moment, ils ont eu la bonne idée de réduire la pente et de passer en mode lacet. Bien joué les gars, mes cuisses vous remercient !

À 11h pétantes, la pluie s’arrête exactement comme annoncé par Météo France. Bizarre… En tout cas c’est plutôt une bonne nouvelle. Reste malgré tout un petit vent frais. Voire froid sur certaines parties du corps. Oui parce que le short c’est bien, mais quand il est trempé et que le vent vient vous chatouiller à 2000 mètres d’altitude et bien ça devient un peu l’âge de glace là dessous. En mode fuyons pour préserver l’espèce ! Heureusement après l’arrivée au col, une partie abritée en sous-bois nous fait rejoindre le parcours du 27 km. Ce sentier, parsemé de vaches à cloche, fleure bon l’alpage et la bouse. L’humidité ambiante relevant les odeurs caractéristiques de la montagne agricole. Ça sent bon les vacances tout ça. Retour à la réalité, je remplis les flasques au ravito du pied de Lan avant d’entamer les 600 mètres de la montée au chapeau de Gendarme. Alors là c’est l’inverse de tout à l’heure. Autant le départ est peu pentu, voire roulant. Un terrain idéal où les élites ont dû se régaler à déterminer celui qui avait la plus grande… foulée bien sûr. Moi-même je me suis surpris à prendre un pas plus rapide qu’attendu, même si l’effet de mon non entraînement en altitude commence à se faire sentir. Autant la dernière partie sent le craquage des ouvreurs genre : « Bon maintenant ça va bien, allez on va tout droit ». Mais le pire c’est l’ascenseur émotionnel. Parce qu’après avoir fait un sourire pour la photo et regagné un replat salvateur, la deuxième montée dans les cailloux met quand même un petit coup derrière les mollets. On va dire que ça fait partie des aléas de la préparation minimaliste. En tout cas ça n’enlève rien à la beauté des paysages. Jusqu’à présent le tracé fait un sans-faute en termes de plaisir de courir.

La descente vers le col du Gyp s’annonce délicate. Il va falloir remobiliser les fibres musculaires afin de ne pas s’écraser à chaque pas comme une patate. Je redémarre doucement histoire de tâter le terrain puis me laisse entraîner par mes pieds et la pente. La descente n’est pas trop technique et me permet de me remettre dans le jus tranquillement. Un petit coup de cul pour arriver au col et là je m’accorde une petite pause histoire d’étirer le dos, de soulager les cuisses et mine de rien d’admirer le paysage. Tout requinqué je repars sur un bon rythme (tout est relatif) en direction du col de Fours. Le paysage change complètement. Le sentier traverse les alpages, ça sent bon l’herbe fraîche et le calcaire humide. C’est roulant, même pour moi, et particulièrement agréable. Je profite de la baisse d’altitude et de l’éclaircissement durable du ciel pour ranger définitivement la veste. Dans la courte montée vers le col j’entends un traditionnel « c’est la dernière montée » auquel je réponds immédiatement « ce n’est jamais la dernière montée ». On ne me la fait pas aussi facilement. Surtout après à peine 26 km de course et puis quand on est comme moi un peu juste en termes de préparation, à partir de 30 km, un dos d’âne représente un obstacle à considérer avec prudence… En soi ce cher monsieur n’avait pas tout à fait tort, car à part la très courte montée après le ravito de la Rente, c’est effectivement la dernière « grosse » montée. Ce qui est quand même carrément surprenant quand on a fait à peine les deux tiers de la distance. Une préparation minimaliste ne comprend évidemment pas la reconnaissance du parcours, d’autant plus quand c’est la première fois que l’on participe à la course.

La première partie de la descente vers le Super Sauze est assez cassante et pas très agréable. Heureusement on rejoint assez vite un sentier en sous-bois après avoir traversé une zone humide qui surprend par son toucher moelleux. Il n’y a plus qu’à se laisser doucement entraîner par la pente vers le dernier ravito du col de la Rente. Là je sens qu’il ne va pas falloir trop s’attarder car les jambes ne demandent qu’à se reposer. Je remplis les flasques, un bout de banane et la remontée un peu raide permet de me remettre dans le rythme. Sur la fin de parcours, qui est elle aussi très agréable avec une variété de paysages saisissante, je pioche quelque peu. À un moment donné, deux enduros et un swimrun ne font pas une préparation optimale pour un 42km ! Je m’y attendais quand même un peu donc je me mets tranquillement entre 9 et 10 km/h pour apprécier au mieux la fin de cette magnifique promenade de santé. Une mention particulière pour la dernière descente un peu technique avec ses racines et ses pierres, qui me font me dire qu’avec une fourche hydraulique et des freins à disques ce serait quand même beaucoup plus facile. Un dernier effort sur le bitume et c’est l’arrivée dans le parc de la Sapinière après un peu plus de 6 heures de course. Fatigué et heureux d’avoir découvert ce magnifique parcours.

Retrouvez les résultats de l’Ubaye Trail Salomon ici.

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